Les missions Apollo sur la Lune (1969-72) : rétrospective en images de l’épopée lunaire du XXe siècle

24/07/2020 | Cachalot93

 

Ces jours-ci, c’est le 51e anniversaire des premiers pas de l’Homme sur la Lune, effectués comme vous le savez tous par les astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin lors de la mission Apollo 11. Cinq des six autres missions qui suivirent parvinrent à faire de même jusqu’en décembre 1972, ce qui donna lieu à l’une des plus grandes aventures humaines de tous les temps, aventure qui changea également beaucoup de notre vision du satellite de la Terre par ses résultats scientifiques (c’est notamment grâce à ces missions Apollo que l’on a une bonne idée de la façon dont la Lune s’est formée, de la composition précise de l’astre, etc).

Plus que ce retour vers le passé qui s’opère avec les anniversaires des missions Apollo, notre période actuelle est également de façon générale celle de l’accélération des nouvelles ambitions lunaires chez les grandes puissances spatiales, à commencer par les Etats-Unis qui travaillent désormais d’arrache-pied sur leur programme Artémis, projet qui doit permettre d’effectuer un nouveau débarquement humain sur la Lune d’ici quatre ans et demi, tandis que dans le même temps la Russie et la Chine visent le même objectif pour l’horizon 2030. A terme, c’est une présence humaine au moins semi-permanente qui doit voir le jour sur la Lune d’ici une dizaine d’années.

En bref, pour parler de cette époque décidément placée sous le signe de l’astre lunaire, j’ai pensé qu’il serait intéressant de revenir dans un article sur l’épopée Apollo grâce à des photos et images des sept missions lancées pour faire marcher des Hommes sur notre satellite.

Avant de commencer, je vous laisse ci-dessous le lien de l’émission que L’Esprit Sorcier a consacré sur Youtube à la Lune :

Faisons tout d’abord, et tant qu’à faire parce que ça ne fait jamais de mal, un petit récapitulatif historique.

Le programme Apollo est lancé par le président John Fitzgerald Kennedy en mai 1961. Il faut en effet se rappeler que depuis déjà quelques années la course aux armements entre les deux blocs de la Guerre Froide s’est muée en une rivalité effrénée dans l’espace. Mais au début des années 1960, l’URSS domine alors de loin dans ce domaine : première nation à envoyer un satellite autour de la Terre (Spoutnik 1 en octobre 1957), première à mettre un animal en orbite (Spoutnik 2 en novembre de la même année), première à toucher la Lune avec une sonde (Luna 2), première à voir la face cachée de notre satellite naturel (Luna 3), première à faire des tentatives d’explorations des planètes Vénus et Mars. L’Union Soviétique enchaîne les grands succès jusqu’à l’apothéose, l’envoi d’un premier Homme dans l’espace, Youri Gagarine, le 12 avril 1961.

L’enjeu stratégique et technologique a une retombée idéologique forte : le modèle communiste de l’URSS peut dès lors paraître bien plus pertinent pour un peuple que le modèle capitaliste des Etats-Unis, qui pendant ce temps-là peine à rattraper son retard. Pour le nouveau président étasunien, il est donc temps de changer cela et c’est la raison pour laquelle il décide de proposer un objectif si ambitieux que les Russes devront revoir leur copie pour y arriver. Ce projet est simple : envoyer un Homme sur la Lune avant la fin de la décennie 1960.

Pour ne pas faire mentir le président Kennedy, le programme spatial des Etats-Unis connait une folle augmentation de son budget (la NASA finissant par représenter plus de 5% du PIB du pays en 1966) et les succès ne tardent pas à arriver : l’Amérique parvient elle aussi à envoyer des astronautes dans l’espace et en orbite avec le programme Mercury puis passe à la pratique des longs séjours et du travail dans l’espace avec le programme Gemini. Toutes ces missions ont pour but d’apprendre et de maîtriser toutes les techniques indispensables pour les missions lunaires.

Dans le même temps, il faut développer toutes les infrastructures et engins nécessaires. Des sondes (Ranger, Surveyor, Lunar Orbiter) sont envoyées vers la Lune pour préparer le terrain. Tous ces développements sont symbolisés par la conception de la fusée Saturn V, colossal engin de 110 mètres de haut et 3400 tonnes au décollage, qui doit envoyer les équipages jusqu’à notre satellite.

En 1967, le programme Apollo est prêt à démarrer. Mais il faut d’abord surmonter un drame aussi terrible qu’inattendu : le 27 janvier, le capsule Apollo 1 prend feu lors d’un entrainement au sol et ses trois passagers périssent.

Cet événement tragique aurait pu sonner le glas de l’ambition lunaire des Etats-Unis mais bien au contraire cela va renforcer la volonté d’atteindre l’objectif fixé par Kennedy quelques années plus tôt, et les missions de test se succèdent jusqu’au jour tant attendu : le 21 juillet 1969, deux Étasuniens marchent sur la Lune.

Les Etats-Unis tiennent enfin leur revanche, les Soviétiques ont perdu la course.

Au total, sur sept missions lancées avec l’objectif de poser des Hommes sur la Lune, six y parvinrent.

  • Apollo 11 (juillet 1969)
  • Apollo 12 (novembre 1969)
  • Apollo 13 (avril 1970)
  • Apollo 14 (janvier-février 1971)
  • Apollo 15 (juillet-août 1971)
  • Apollo 16 (avril 1972)
  • Apollo 17 (décembre 1972)

Du fait qu’Apollo 13 ne put se poser sur la Lune (pour des raisons que vous évoquerons plus loin), sur les quatorze astronautes désignés pour marcher sur la Lune durant le programme, seulement douze le firent.

  • 1er. Neil Armstrong (Apollo 11)
  • 2e. Edwin Aldrin (Apollo 11)
  • 3e. Charles Conrad (Apollo 12)
  • 4e. Alan Bean (Apollo 12)
  • —. James Lovell (Apollo 13)
  • —. Fred Haise (Apollo 13)
  • 5e. Alan Shepard (Apollo 14)
  • 6e. Edgar Mitchell (Apollo 14)
  • 7e. David Scott (Apollo 15)
  • 8e. James Irwin (Apollo 15)
  • 9e. John Young (Apollo 16)
  • 10e. Charles Duke (Apollo 16)
  • 11e. Eugene Cernan (Apollo 17)
  • 12e. Harrison Schmitt (Apollo 17)

Rappelons également que le programme Apollo devait avoir trois missions lunaires supplémentaires (Apollo 18, 19 et 20) mais que celles-ci furent malheureusement annulées pour cause de restrictions budgétaires. Aucun des astronautes, hormis Harrison Schmitt, qui pouvaient prétendre participer à l’une de ces trois missions ne marcha sur la Lune.

Maintenant que ce petit historique est fait, plongeons ensemble dans l’album photo des missions Apollo sur la Lune.

APOLLO 11

Après les succès des missions Apollo 7 (test en orbite terrestre du module de commande), Apollo 8 (test du module de commande en orbite autour de la Lune), Apollo 9 (test du module lunaire en orbite terrestre) et Apollo 10 (test du module lunaire en orbite autour de la Lune), la décision est prise : Apollo 11 sera la première mission à tenter de se poser sur l’astre.

Le succès sera au rendez-vous et les huit jours que dureront la mission entreront dans l’Histoire.

Les marcheurs lunaires de la mission Apollo 11, Neil Armstrong (à gauche) et Edwin « Buzz » Aldrin (à droite).

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969, Neil Armstrong fait le premier pas sur le sol lunaire et prononce cette phrase historique : C’est un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour l’Humanité.

Première chose à faire pour Armstrong avant que Buzz Aldrin le rejoigne : récolter des pierres lunaires au cas où un départ précipité serait décidé par la NASA.

Vingt minutes après Armstrong, Aldrin descend à son tour sur la surface de la Lune.

Moment fort pour les Étasuniens lorsque les deux astronautes plantent – non sans mal – la bannière étoilée dans la poussière lunaire.

Rare image de Neil Armstrong sur la Lune.

Image parmi les plus mythiques de l’histoire spatiale, Aldrin se tenant à coté du drapeau étasunien.

Petite promenade en bondissant pour Buzz Aldrin (test demandé à l’astronaute par la NASA pour déterminer quelle est la meilleure méthode pour se déplacer facilement sur la Lune).

Aldrin s’éloigne un peu pour déposer des instruments scientifiques (dont un réflecteur laser fabriqué en France).

Aldrin photographié par Armstrong qui se reflète lui-même dans la visière de l’astronaute.

Après deux heures et demi de promenade dans une petite zone de la Mer de la Tranquillité, Armstrong et Aldrin rentrent dans le module lunaire. Quelques heures plus tard, ils quittent la surface et rejoignent Michael Collins, resté pendant tout ce temps seul dans le module de commande en orbite autour de la Lune.

Quelques jours plus tard, les héros sont de retour sur la Terre et reçoivent la visite du président Richard Nixon. Puis vient le temps d’une immense parade à New York, prélude à une grande tournée mondiale.

APOLLO 12 

Après le triomphe historique d’Apollo 11 vient le temps de commencer l’exploration scientifique à proprement parler. Car si Apollo 11 a bien déposé des instruments scientifiques sur la Lune et rapporté des échantillons de roches et de poussières, la science n’était pas prioritaire. Le but premier de ce vol était de démontrer que les Etats-Unis peuvent se poser sur la Lune et ce, surtout, avant l’Union Soviétique.

Le programme Apollo compte dix missions lunaires prévues au total (d’Apollo 11 à Apollo 20) et la deuxième part à son tour pour la Lune quatre mois à peine après la promenade historique de Neil Armstrong et Buzz Aldrin. Cette fois-ci, direction l’Océan des Tempêtes où les astronautes qui se poseront devront rendre visite à la sonde Surveyor 3, posée là plus depuis deux ans.

Les deux marcheurs de cette mission Apollo 12 sont Charles Conrad (à droite) et Alan Bean (à gauche).

Avec leur camarade Dick Gordon (pilote du module de commande), ils partent pour la Lune le 14 novembre 1969. Le décollage est marqué notamment par la présence pour l’occasion du président des Etats-Unis Richard Nixon mais surtout par le mauvais temps : la foudre s’abat deux fois sur la fusée. Mais tout se passe bien et les astronautes se posent sans encombre sur l’astre des nuits. Cerise sur le gâteau, ils parviennent à poser le module lunaire encore plus près de la cible que ce qui était prévu. Un alunissage de précision n’est pas un élément anecdote : en effet, Armstrong et Aldrin s’étaient certes bien posés sur la Lune mais ils avaient dépassé leur site initial de plusieurs kilomètres. Or, comme les déplacements des premières missions doivent se faire à pieds, même quelques kilomètres de distance rendent la cible impossible à atteindre et les objectifs scientifiques qui ont conduit à la sélection de celle-ci tombent un peu à l’eau. Il faut donc être capable de se poser à l’endroit prévu et c’est ce que parviennent à faire Bean et Conrad.

Le module lunaire d’Apollo 12 entame sa descente vers la surface de la Lune.

Conrad entamant sa descente de l’échelle du module lunaire.

Alan Bean descend à son tour du module lunaire.

Conrad devant la station scientifique qui vient d’être installée.

Le désormais traditionnel plantage du drapeau sur la Lune.

Conrad rejoint la sonde Surveyor 3 et une caméra de l’engin sera ramenée sur la Terre par les astronautes.

Mission accomplie pour Apollo 12 qui prouve que l’on peut réussir un atterrissage de précision sur notre satellite.

Parmi les quelques bémols à noter, on peut citer le fait que la caméra de télévision qui devait retransmettre en direct et en couleur depuis la surface lunaire fut cassée malencontreusement par les astronautes, de même que le drapeau étasunien.

Le pari à la Lune de John F. Kennedy prononcé devant le Congrès le 25 mai 1961 est donc en cette fin d’année 1969 quadruplement tenu : ce n’est pas un mais bien quatre hommes qui ont marché sur la Lune avant 1970.

Le but politique et idéologique est atteint, le programme Apollo n’est donc plus une priorité nécessaire pour la classe dirigeante des Etats-Unis.

APOLLO 13 

Après les succès d’Apollo 11 et 12, un fort désintérêt s’installe dans l’opinion publique étasunienne. Conquise deux fois de suite, la Lune ne fait plus rêver et ce d’autant plus que la course avec l’URSS est définitivement gagnée (bien que dans le plus grand secret le programme lunaire soviétique continue tout de même pour essayer de faire aussi bien).

De ce fait, la classe politique américaine estime qu’il est temps d’arrêter de financer ce programme lunaire, considéré comme étant une folle dépense désormais inutile. En conséquence, à cause des coupes budgétaires, la NASA doit se résoudre dès janvier 1970 à annuler la dernière mission d’alunissage prévue, Apollo 20.

Mais il reste encore sept missions en développement plus ou moins avancé début 1970 et la première de celles-ci, Apollo 13, doit marquer une nouvelle étape de l’exploration lunaire en restant plus longtemps sur place que ses deux aînées. La mission doit se poser de plus sur un site davantage complexe que les deux missions précédentes, à savoir les environs du cratère Fra Mauro dont les géologues attendent beaucoup.

Les deux astronautes qui doivent effectuer cette troisième marche sur la Lune sont James Lovell (à gauche) et Fred Haise (à droite).

Quelques images de la préparation de cette marche lunaire d’Apollo 13.

Comme on le sait, la mission ne se passa malheureusement pas comme prévue : deux jours après le départ de la Terre, le 13 avril 1970, un réservoir d’oxygène explose et entraîne une longue série de problèmes techniques. L’atterrissage sur la Lune est naturellement annulé et les trois astronautes (Lovell, Haise et le pilote du module de commande Jack Swigert) sont en grand danger.

Vue des dégâts sur le module de service.

Pour revenir en bonne condition sur Terre, la mission Apollo 13 doit contourner la Lune. Pas d’arrêt sur place pour Lovell et Haise, le vaisseau ne fait que passer.

Finalement, après bien des péripéties, les trois astronautes reviennent vivants sur la Terre. Malgré l’échec de leur mission Apollo 13 qui ne parvint pas à se poser sur la Lune, ils sont reçus par le président Nixon et leur périple reste dans les mémoires.

APOLLO 14 

Après l’accident d’Apollo 13 qui faillit bien tourner au drame planétaire, l’administration Nixon décide que le programme lunaire doit continuer encore un peu, bien qu’il lui soit infligé de nouvelles coupes budgétaires. En conséquence de celles-ci, les deux dernières missions prévues que sont Apollo 18 et Apollo 19 sont annulées (malgré le fait qu’une partie des infrastructures soit déjà en fabrication).

Apollo 14 part pour la Lune plus tard que ce qui était originellement prévu (enquête sur les causes de l’accident d’avril 1970 oblige) mais se pose  normalement dans la région Fra Mauro, au départ site désigné pour Apollo 13.

Les deux marcheurs lunaires de cette mission sont Alan Shepard (à droite) et Edgar Mitchell (à gauche).

Mitchell devient le sixième homme à poser le pied sur la Lune.

Les deux astronautes s’apprêtent à planter le troisième drapeau américain sur la Lune.

Shepard pose à coté du drapeau américain.

Edgar Mitchell au loin.

Shepard préparant une expérience.

 

La célèbre partie de golf.

Malgré quelques péripéties et imprévus (notamment la marche sur des kilomètres qui se révéla particulièrement éreintante), Apollo 14 est un beau succès et marque la fin des missions H, les missions de courtes durées sur la Lune. Il est à présent temps de pousser au maximum l’exploration et l’étude scientifique sur la Lune. C’est le but des missions J.

APOLLO 15

 

Avec Apollo 15, le programme change d’échelle. Il s’agit désormais de passer trois jours sur la Lune, dans des environnements plus difficiles à atteindre et avec une expertise géologique bien plus poussée qu’auparavant. De plus, les astronautes doivent se déplacer plus loin de leur point d’alunissage et ils sont aidés dans cet objectif par un nouvel outil, le fameux rover lunaire ou LRV.

Les deux marcheurs lunaires de cette quatrième mission à poser des hommes sur la Lune sont David Scott (à gauche) et James Irwin (à droite).

Irwin saluant le drapeau des Etats-Unis.

Mise en route de la première voiture lunaire qui permet d’étendre la zone d’exploration des astronautes.

Irwin collecte un échantillon.

Vérification d’une hypothèse de Galilée du début du XVIIe siècle voulant que dans le vide la gravité est la même pour tous les objets, ici un marteau et une plume (qui touchent le sol lunaire au même moment).

David Scott et le rover lunaire près d’une immense faille.

APOLLO 16

Avant-dernier vol du programme lunaire, Apollo 16 fait encore un pas de plus dans l’exploration scientifique de la Lune.

Les deux astronautes qui se posent sur la Lune en ce mois d’avril 1972 sont John Young (à gauche) et Charles Duke (à droite).

Notons que Ken Mattingly était le pilote du module de commande d’Apollo 13 prévu au départ avant d’être remplacé et fut finalement à ce poste sur cette mission Apollo 16.

Duke avec le rover lunaire.

Le salut bondissant de John Young au drapeau étasunien.

Duke et Young collectent des échantillons.

Une petite gaffe : John Young met les pieds dans une station scientifique et arrache des fils :

La mission Apollo 16 sera un nouveau grand succès qui augure le meilleur pour la dernière mission.

Notons pour l’anecdote les chutes à répétitions de Charles Duke, dont une qui a lui donna une belle frayeur : 1972 étant une année olympique, les deux astronautes décident de s’amuser à faire du saut en haut avec la légère pesanteur lunaire, défi que relève Duke, qui bat le record (81 cm) mais retombe sur le dos et crut un instant avoir cassé le sac de sa combinaison. Plus de peur que de mal au final mais l’astronaute ne retenta pas de faire un saut plus haut.

APOLLO 17

Trois ans et demi après le premier alunissage, le temps de la dernière mission du programme est finalement arrivé. Déjà.

Devant dépasser tous les records établis par les missions précédentes, Apollo 17 doit permettre à la NASA et la communauté scientifique étasunienne de tirer le maximum de ce dernier vol car on sait qu’il s’écoulera ensuite longtemps avant que des astronautes repartent pour la Lune.

Les deux marcheurs lunaires de ce vol sont Eugene Cernan (à gauche) et Harrison Schmitt (à droite). Ils savent qu’ils seront les derniers êtres humains avant très longtemps qui marcheront sur la Lune.

Il faut savoir qu’au départ Harrison Schmitt devait marcher sur notre satellite au cours de la mission suivante, Apollo 18. Mais lorsque cette dernière s’est faite annuler en septembre 1970 (en même temps qu’Apollo 19) pour cause de restrictions budgétaires, les scientifiques autour de la NASA demandèrent avec force que l’un d’eux parte sur la dernière mission restante car autrement tous les marcheurs lunaires auraient été des pilotes d’essai ou de l’armée, qui ont certes eu une formation de géologie dans le programme mais qui sont loin d’avoir l’expérience d’un géologue professionnel, plus à même de choisir des roches intéressantes. C’est donc ainsi que Schmitt se trouva transféré sur Apollo 17, en lieu et place du pilote du module lunaire prévu à l’origine.

Cernan devant le drapeau.

Harrison Schmitt, le seul géologue à avoir posé le pied sur la Lune, prélevant un échantillon.

Panorama du point d’atterrissage de la mission.

Cernan et Schmitt au travail.

Cernan regagnant le LM en bondissant et en chantant.

Cernan dévoilant une plaque commémorative portant une mention pour le futur. Ici, l’Homme a terminé sa première exploration de la Lune. Décembre 1972. Puisse l’esprit de paix dans lequel nous sommes venus se répandre sur toute l’Humanité. Bonne chance à l’équipage d’Apollo 17.

Dernière image d’un Homme marchant sur la Lune, Schmitt photographié par Cernan.

Puis les astronautes quittent la Lune et rejoignent une dernière fois un module de commande.

Quelques jours plus tard, récupération des trois astronautes d’Apollo 17. La fin d’une époque.

 

Près de cinquante ans après la fin du programme Apollo, la Lune garde encore à sa surface les traces du passage des Hommes, preuves des exploits des missions étasuniennes.

Avant de terminer n’oublions pas non plus les pilotes des modules de commandes, qui n’ont certes pas marché sur la Lune mais sans qui ces missions n’auraient pas été possible :

Et les Soviétiques dans tout cela ?

Si l’URSS ne parvint pas à battre les Etats-Unis dans la course pour décrocher la Lune, elle ne perdit pour autant l’ambition d’envoyer ses cosmonautes sur notre satellite. Du moins, pendant quelques temps.

En effet, malgré le fait que le programme Apollo posait à chaque mission une marche en plus de difficulté pour que le Kremlin puisse rivaliser, le programme lunaire russe continua ses développements jusqu’en 1974, en parallèle des premiers stations orbitales mises au point par le pays.

Mais les problèmes devenaient nombreux car le projet fut mal engagé dès le début dans les années 1960. D’une part, les Soviétiques ne prirent pas au sérieux l’annonce du président Kennedy et de ce fait mirent du temps avant de se lancer dans cette bataille. De plus, assez rapidement apparaissent des divergences concernant la manière d’atteindre cet objectif. Le génial Serguei Korolev se trouva mis en concurrence avec d’autres ingénieurs et son programme N1-L3 en a beaucoup souffert, notamment en ce qui concerne les ressources financières. La guerre des chefs s’accentua encore jusqu’à un point critique après la mort de Korolev en 1966.

D’abord battus à la course, les Soviétiques essuient échec sur échec lors des quatre lancements de leur fusée lunaire, le dernier ayant lieu en novembre 1972, trois semaines avant le lancement d’Apollo 17. Alors que les ingénieurs du programme tiennent à continuer pour sauver l’honneur et faire aussi bien que les missions Apollo (ce qu’ils auraient sans doute fini par réussir avec plus de temps et plus d’argent), le Kremlin décident qu’il est temps d’arrêter les frais. Mieux vaut nier l’existence du programme que de reconnaître son désastre. En 1976, l’URSS jettent définitivement l’éponge.

De ce programme lunaire infortuné, il reste la vision de l’immense fusée N1 et du module lunaire qui aurait dû permettre à des cosmonautes de se poser sur la Lune (probablement dans la seconde moitié des années 1980 si le programme n’avait pas été annulé et que l’investissement financier avait été poursuivi).

Alors que les Etats-Unis se préparent doucement à retourner sur la Lune, la Russie se lance elle aussi dans cette perspective. Et qui sait, dans une dizaine d’années, la Russie du XXIe siècle réussira peut-être là où l’Union Soviétique du XXe avait échoué.

Une nouvelle époque de l’exploration lunaire s’apprête à s’ouvrir et nul doute que ce nouveau chapitre nous offrira de magnifiques images à ajouter à cette galerie. L’arrivée d’Etasuniens, Canadiens, Japonais, Européens (dont des Français on peut l’espérer), Chinois, Russes et Indiens sur la Lune ne sera pas une répétition de ce que fut le programme Apollo il y a cinquante ans mais la continuation d’une chose qui n’aurait jamais dû être interrompue.

Et enfin, terminons cette évocation des missions lunaires Apollo par une dernière image. En 1999, à l’occasion du tournage d’un des meilleurs épisodes de C’est Pas Sorcier, le journaliste Fred Courant observe depuis une lunette de l’observatoire de la Côte d’Azur la région lunaire Fra Mauro, où se sont posés deux astronautes d’Apollo 14 vingt-huit ans plus tôt …

2 commentaires

    1. Merci 😉 !

      Si tout va bien, d’ici quelques années, des Hommes seront retournés enfin sur la Lune. Ce sera un grand moment dans la vie de tous les passionnés d’espace comme vous et moi qui n’étions pas nés à l’époque des missions Apollo.

      Normalement, les Etats-Unis devraient ouvrir le bal en 2024, d’abord seuls puis ensuite avec leurs partenaires habituels (Europe, Canada, Japon, Australie) pour commencer à établir une petite base. Puis viendrait la Russie vers 2030 et la Chine quelques années plus tard. Encore un peu plus loin dans le temps, disons quinze-vingt ans, ce sera probablement au tour de l’Inde de se lancer dans la voie de l’exploration humaine de la Lune.

      Les dates risquent de changer un peu au fur et à mesure des contraintes politiques et financières mais le plus important c’est qu’on soit sur la bonne voie pour retourner sur la Lune et durablement cette fois.

      Et puis, cerise sur le gâteau, il y aura sûrement des Français qui poseront le pied sur la Lune au cours de toutes ces missions.

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A propos de

Normand de 25 ans passionné par les dinosaures, l'astronomie et l'histoire, fan de la trilogie Jurassic Park, de Dragon Ball et adepte de C'est Pas Sorcier depuis l'enfance. Suis aussi l'un des seuls êtres humains sur cette planète qui se démènent encore pour qu'un Visiteurs 4 se fasse.