Voyage au Centre de la Terre

28/10/2015 | Julie LE GOIC

Gnothi seauton (connais-toi toi-même) !

Alors que nous nous émerveillons devant les formidables aventures et les découvertes de Philae sur Tchouri, des équipes de scientifiques cherchent leurs étoiles dans le noyau terrestre, dont on ignore encore la composition exacte. Ce noyau ne peut pas être directement analysé : à 2900km sous nos pieds, il est pour le moment plus inaccessible à l’homme que la Lune.

 

 

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Structure interne de la Terre : 1. Croûte continentale 2. Croûte océanique 3. Manteau supérieur (ou Asthénosphère) 4. Manteau inférieur (ou Mésosphère) 5. Noyau externe 6. Noyau interne (ou graine) A. Discontinuité de Mohorovičić B. Discontinuité de Gutenberg C. Discontinuité de Lehmann par Dake — Travail personnelSous licence CC BY-SA 2.5 via Wikimedia Commons

 

Le CNRS a ainsi annoncé le 15 juin 2015 que de nouvelles techniques de recherche avaient permis d’affiner notre connaissance sur la composition de ce noyau. Ne pouvant recueillir d’échantillons directs, les chercheurs croisent les données issues des compositions des météorites avec celles d’échantillons du manteau et de la croûte terrestre . De nombreuses données sismologiques montrant que le noyau terrestre avait une composition trop légère pour être constitué seulement de fer et de nickel (à 80 et 20%) comme on le supposait, les scientifiques ont cherché à déterminer s’il contenait également de l’oxygène, du carbone, du silicium, du soufre…

 

Du soufre dans le noyau

Ce dernier élément est particulièrement volatile et son passage rapide à l’état gazeux (à 444, 61°C) fait que le manteau et la croûte terrestre n’en gardent pas trace. La méthode choisie pour déterminer sa présence dans la composition chimique du noyau est l’utilisation de molécules chalcophiles, c’est à dire ayant une très forte affinité avec le soufre (dit chalcogène, comme l’ensemble de la colonne 16 du tableau de la classification des éléments, dont l’oxygène). Le cuivre, qui a une plus forte affinité avec le soufre qu’avec l’oxygène, est ainsi un élément qui permet d’en déterminer la présence préalable malgré son passage à l’état gazeux.

 

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Tableau périodique, source Wikipédia

 

Les comparaisons faites entre la composition des météorites, celle de la croûte et du manteau terrestre ont ainsi permis de montrer que ce dernier est déficient en cuivre isotopiquement léger. Cette découverte permet aux scientifiques de penser que du soufre liquide s’est séparé du reste des composants chimiques du manteau à la phase de cristallisation et, plus dense, est allé enrichir le noyau terrestre.

Le CNRS nous explique que pour confirmer ces résultats, les scientifiques ont recréé en laboratoire la composition chimique de la planète pour l’exposer aux mêmes conditions physiques de température et de pression existantes au moment de la séparation du manteau et de la croûte terrestre. Ces expériences ont validé l’hypothèse de la présence de soufre dans le noyau terrestre.

 

Vers l’infini et au-delà !

Ce  »Voyage au Centre de la Terre’‘  va permettre d’enrichir également la recherche de l’  »Odyssée de l’Espace  » puisque cette nouvelle méthode d’analyse isotopique du cuivre sera adaptable à l’étude du noyau d’autres planètes, comme Mars, prochaine étape de notre nouvelle frontière spatiale.

Gravure d’ Édouard Riou pour l’édition originale du Voyage au Centre de la Terre de Jules Vernes, 1864. Source Wikipédia.

2 commentaires

  1. @ Catholique : Sans vos prêtres pédophiles, sans vos dizaines d’années, vos siècles de silence communautaire sur leurs pratiques, il n’y aurait pas de sujet. Assumez votre honte et passez votre chemin.

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A propos de

Etudiante en Master d'Histoire des Sciences et Techniques, humanités numériques et médiations culturelle, à Brest. Mon travail de recherche porte sur la faune aquatique décrite par Pline l'Ancien dans le livre IX de son Histoire Naturelle. Je publie ici mes émerveillements scientifiques.